Place Lazare-Goujon un vendredi à 23h, vue de loin. Les trois cents façades art déco des Gratte-Ciel sous un éclairage doré tranché par les pylônes du tramway. Deux cents personnes en terrasse, brasseries pleines, T1 qui passe toutes les huit minutes. Zoom sur le bar du coin de la place Albert-Thomas. Deux profils qui s'étaient écrit depuis Charpennes commandent deux verres sans hésiter. La cohorte villeurbannaise tient parce que ses lieux tiennent, et que personne n'a essayé de la faire ressembler au Vieux Lyon.
L'automne à Villeurbanne ne ressemble à aucun autre. Octobre saturé d'ombres basses sur le Cours Tolstoï, novembre voilé entre la Doua et le parc de la Tête-d'Or qu'on traverse pour rentrer, décembre vif et plombé sur les balcons des Gratte-Ciel. Chaque mois ramène une cohorte différente. Les étudiants de la Doua remplissent les bars de Charpennes en automne, repartent en décembre, reviennent en janvier alertes et frais. SexeFriend suit ces cycles sans les forcer, et l'activité villeurbannaise se densifie entre octobre et mars sans coup de pouce algorithmique.