À Clermont-Ferrand, le jeudi soir s'est installé comme le pivot de la semaine sociale, et personne ne l'a décidé officiellement. Place de Jaude vers 19h30, les terrasses de la rue des Gras pleines en juin, les comptoirs des bars à vin du Quartier Saint-Pierre pleins en novembre, le bassin actif circule entre l'Hyper-centre et Saint-Jacques sans demander l'autorisation. Les profils SexeFriend épousent cette habitude collective : ils écrivent en début de semaine, ils proposent un verre le jeudi, ils calent rapidement un point de rendez-vous près d'une station de tram.
Avant l'arrivée du tram en 2006, Clermont fonctionnait par bassins de quartiers presque autonomes. Un habitant de Croix-Neyrat sortait à Croix-Neyrat, un Saint-Jacqueur restait Saint-Jacques, et les passerelles tenaient à la voiture ou au bus de nuit. Après, les distances ont changé sans bouger d'un mètre : quinze minutes entre Champratel et La Pardieu, dix entre l'Hyper-centre et Jaude. Sur SexeFriend, ce maillage se voit dans les profils, conversations qui démarrent à Croix-Neyrat et finissent rue Pascal, rendez-vous fixés à Jaude parce que c'est le point d'équilibre.