Avant la mise en service du tramway en 2012, sortir de Bellevue ou de Saint-Marc un mercredi soir relevait de la planification. Tu rentrais chez toi après le travail, tu reprenais ta voiture, tu cherchais un stationnement rue de Siam. Après, le tram a recousu la ville en vingt-cinq minutes d'un bout à l'autre. Les profils SexeFriend brestois ont changé d'écriture en deux ans, sont devenus plus courts, plus francs sur l'horaire, parce que l'autre arrive en quatre stations et n'a pas envie d'attendre.
Brest n'est pas une ville de passage pour les Parisiens qui descendent en TGV un samedi sur deux. C'est une ville de bassin, fermée au bout du Finistère, qui vit avec ses habitants douze mois par an. La cohorte SexeFriend locale ne cherche pas à ressembler à autre chose. Elle écrit en breton parfois, en français court le plus souvent, mentionne la rade ou le port militaire comme un repère naturel, pose ses rendez-vous entre Recouvrance et la rive est sans transition.