À Vannes, les jeunes actifs ne migrent pas tous vers Rennes ou Nantes après le diplôme. Une partie reste, s'installe à Saint-Patern, à Conleau ou en première couronne, et porte un bassin SexeFriend qui se renouvelle vite pour une commune de cinquante-trois mille habitants. Ça change la structure de la cohorte locale. Les profils ne tiennent pas sur deux retraités du Golfe, ils tournent autour des trente-cinq ans, ingénieurs, juristes, enseignants, soignants du CHBA. Le rythme suit cette démographie, plus dense en milieu de semaine.
Soizic travaille à la sous-préfecture, vit Place Lucien Laroche, sort intra-muros le jeudi soir et côté port le samedi midi. Elle a ouvert un compte au mois de mars avec trois lignes sur ce qu'elle ne cherchait pas. En deux mois, elle a fixé quatre rencontres, toutes à pied de chez elle, toutes des Vannetais entre vingt-huit et trente-six ans qui n'avaient pas envie d'expliquer pourquoi ils étaient restés à Vannes. Le ton local s'écrit franc, sans pose, parce que la commune n'autorise pas le bluff prolongé.