Sarah travaille au Faubourg-de-l'Arche mais sort à Bécon-les-Bruyères. Ça lui prend dix minutes à pied par la passerelle ou trois minutes en T2. Elle a ses raisons précises, le tempo du Faubourg lui rappelle trop la semaine, les bars de Bécon gardent une lumière plus posée. Elle a déposé un profil SexeFriend en avril, écrit qu'elle préfère les verres du mardi ou du jeudi, jamais le vendredi. Trois rendez-vous calés depuis avril. Deux qui ont tenu plus longtemps que prévu, par tempérament décidé.
Le ciel bas de mi-octobre s'est posé sur Courbevoie pour la cinquième journée consécutive, ce genre de plafond gris qui ferme les terrasses du Centre-ville avant dix-huit heures et tasse les conversations dans les bistrots couverts du Quartier Charras. La cohorte courbevoisienne se replie dans une dizaine d'adresses connues, deux côté Bécon-les-Bruyères, trois autour de l'église Saint-Pierre, le reste éparpillé entre Charras et la rue de Bezons. SexeFriend épouse ce rétrécissement saisonnier, les profils annoncent plus directement leur intention dans la fenêtre humide.