Tu connais beaucoup de villes de quatre cent mille habitants qui tiennent l'effervescence d'un mardi soir comme Montpellier ? Bon. Voilà. La métropole pèse cinq cent mille personnes intra-métropole, dont près de soixante-dix mille étudiants en pleine saison universitaire. Le centre se densifie dès septembre, se vide en juillet, et reprend en deux semaines à la rentrée. SexeFriend voit son activité doubler chaque automne entre le quinze septembre et le quinze octobre, le temps que la cohorte montpelliéraine retrouve ses rues, ses comptoirs, ses appartements partagés.
Mardi 23 octobre, vingt-deux heures dix-sept, terrasse du Café Riche en bas de la Comédie. Deux verres de Picpoul, une conversation engagée trois jours plus tôt par message. La personne en face est doctorante en hydrologie à l'IUSTI, vit rue Foch, sort rarement après minuit. On a fini par marcher jusqu'à la place Saint-Roch, vingt minutes, en parlant de qui habite encore l'Écusson et qui s'est replié sur Boutonnet ou Aiguelongue. Le tramway de minuit cinq nous est passé devant sans qu'on l'attrape.