Tu connais l'Occitanie ou tu y arrives. Dans les deux cas, il faut reconnaître que ce n'est pas une seule région, c'est deux cultures cousues en 2016 sur une carte administrative. Tu sors à Toulouse comme on sort dans une ville étudiante de quatre cent mille personnes, ras la rocade, brique rouge, Garonne brassée. Tu sors à Montpellier comme on sort sur une terrasse, posée, vive, taquine. Tu sors à Perpignan comme on sort entre la France et la Catalogne du sud. SexeFriend cale sur cette logique sans la lisser.
L'amour en Occitanie n'a rien à voir avec ce qu'on raconte sur le Sud de la France. Ce n'est pas la Provence, ce n'est pas la Côte d'Azur, ce n'est pas un cliché de cigales. Toulouse compte cent vingt mille étudiants, plus que Bordeaux et Montpellier réunies, et la cohorte change de visage chaque rentrée universitaire. Montpellier draine ses jeunes professionnels du tertiaire et du médical, écrit franc et court. Nîmes vit ses férias et ses arènes, mais le reste de l'année, la ville s'écrit en bas relief, retenu et précis.
Toulouse. Montpellier. Perpignan. Trois bassins qui parlent trois langues à peine décalées. La diagonale méditerranéenne tient le tronc, les Pyrénées tirent vers Tarbes et Lourdes, le Massif central retient Albi et Rodez. Sur SexeFriend, les profils de la région annoncent leur ville avant tout le reste, parce qu'ici la géographie commande. Tu prends un train, deux heures vingt entre Toulouse et Montpellier, une heure entre Montpellier et Nîmes, trente minutes entre Béziers et Narbonne. Le filtre par ville fait sens.