Les Allées Paul Riquet à vingt-deux heures un samedi de septembre. Quatre cents personnes étalées sur six cents mètres de platanes, terrasses pleines de la place Jean Jaurès jusqu'à la fontaine de Titan. Au comptoir d'un bar à vins de la rue Française, deux Biterroises qui s'étaient écrites la veille sur SexeFriend, verre en main depuis quarante minutes, conversation qui dérive sur la Faugères. Le bruit ambiant ne couvre pas la conversation, parce qu'à Béziers les terrasses gardent leur acoustique propre, sans pression sonore parisienne.
L'arrière-saison à Béziers a son propre tempo, plus dense que l'été, parce que la féria d'août vide la ville pendant dix jours et la cohorte locale rouvre les terrasses ensuite dans un rythme posé. Octobre tient ses vendanges tardives sur les coteaux du Faugères et du Saint-Chinian, novembre rentre la cohorte SexeFriend dans les bars de la rue Boieldieu et de la rue Française, et décembre concentre tout sur trois adresses du centre. La saison qui compte n'est pas l'été, c'est septembre à fin novembre.