Élise travaille à Luxembourg-Ville depuis deux ans, prend le TER de 6h12 le lundi matin, rentre à Nancy le jeudi soir. Elle écrit ses bios SexeFriend en français mais alterne trois mots de luxembourgeois et d'anglais quand elle parle de ses collègues. Quarante minutes de trajet l'aller, autant le retour, un appartement Place d'Alliance qui reste vide trois jours par semaine. Elle a fini par caler ses rendez-vous le jeudi à 21h Place du Marché, parce que les vendredis lui appartiennent et qu'elle ne les négocie plus.
Il pleut sur Nancy depuis quatre jours quand on s'écrit, début novembre. La Place Stanislas a perdu ses photographes, les terrasses du Café Foy se replient sous les arcades, et les bars de la rue Stanislas se densifient dès 19h. L'activité messagerie SexeFriend monte d'un cran en soirée pluvieuse : les profils écrivent plus long, posent leur quartier plus vite, repèrent les rares lieux ouverts après minuit. La cohorte trentenaire se replie sur trois rues qu'elle connaît bien, sans s'en plaindre.