Orléans vue depuis le balcon nord de la cathédrale Sainte-Croix un samedi soir. Cent mille habitants à peu près tassés en quatorze quartiers, le tram qui glisse vers La Source au sud, les feux de la rue Royale qui s'allument en cascade. Au coin du Quartier Madeleine, deux silhouettes qui se penchent l'une vers l'autre sur la terrasse du Bar des Halles. Elles se sont écrites trois jours plus tôt sur SexeFriend. Le verre qu'elles partagent n'a pas été prévu hier soir.
L'arrière-saison fait d'Orléans une ville différente. De septembre à novembre, la Loire renvoie une lumière basse jusque sur les toits des Halles Châtelet, l'humidité monte du quai Cypierre en fin d'après-midi, et les terrasses du Quartier Madeleine durent plus longtemps qu'on ne s'y attend. Les profils SexeFriend à Orléans écrivent davantage à cette période. Le jeudi est devenu le pivot du week-end, sans qu'aucun bar n'ait demandé l'autorisation. Octobre porte ses propres rituels, novembre les prolonge en messages plus longs.