À Boulogne-Billancourt, ce n'est pas tout à fait pareil qu'à Paris intra-muros. La distance entre deux profils n'excède jamais quinze minutes à pied, et la cohorte se reconnaît plus vite. Quand un Parisien hésite entre République et le Marais pour fixer un café, le Boulonnais cale directement Marcel-Sembat, le Centre-ville ou la rue du Vieux-Pont-de-Sèvres. Trois choix de lieux, quatre stations, deux lignes de métro. Le rendez-vous se monte en un échange, et la lumière chaude des bistrots de l'ouest francilien tient jusqu'à minuit.
Ce n'est pas une banlieue dortoir greffée sur la capitale. Ce n'est pas non plus un satellite parisien attendant l'arrivée du métro pour exister. Boulogne-Billancourt porte son propre rythme, ses propres bars, sa propre cohorte de trentenaires actifs dans les médias et la tech. Beaucoup parlent anglais ou espagnol sans accent appuyé, gardent la conversation engagée même tard le soir, et utilisent SexeFriend pour court-circuiter le rituel parisien des sept terrasses avant le premier vrai mot. L'éclairage des bars boulonnais reste tamisé, posé, sans ostentation.