Anaïs a trente-trois ans, vit rue Aubernon depuis cinq ans, travaille à la mairie le matin et tient un café tamisé près du marché Provençal le soir. Elle a posé son profil sur SexeFriend en janvier, après deux saisons à laisser passer les rencontres d'été qui ne tenaient pas l'hiver. Elle dit que les Antibois reconnaissent les leurs au premier message, à la façon dont tu nommes ton quartier, à la précision avec laquelle tu cadres ton créneau. Le reste, dit-elle, se règle ensuite.
Le mistral retombe sur Antibes après trois jours de bourrasques, et la ville change de tempo en quelques heures. Les cafés du boulevard d'Aguillon rouvrent leurs terrasses, les habitués du Vieil Antibes redescendent vers la place Nationale, et l'activité sur SexeFriend se cale sur ce reflux atmosphérique sans le commenter. La lumière voilée de février y est pour quelque chose. Tu écris à quelqu'un un mercredi soir parce que le calme est revenu, et la cohorte locale réagit dans le quart d'heure.