Mercredi 12 février, vingt-deux heures trois, terrasse couverte d'un bar Rue des Teinturiers. Cinq tables tenues, trois en intérieur, le mistral qui descend la rue par paquets. À la table près du comptoir, une orthophoniste de la Banasterie et un libraire de la Rue Carnot, qui se sont écrits trois jours plus tôt via SexeFriend, filtre Avignon stricte, et qui ont calé le verre sans planifier davantage. Le serveur reconnaît la femme. Lui pas encore.
L'autre samedi à seize heures, marché de la Place Pie. Une femme de quarante-deux ans m'a dit qu'elle vivait Rue Bonneterie depuis six ans et qu'elle ne croisait jamais ses ex au marché parce qu'elle changeait simplement de jour. Et c'est exactement comme ça que la discrétion fonctionne à Avignon. Pas un anonymat de métropole, plutôt un évitement organisé entre voisins qui se reconnaissent. SexeFriend joue dans le même registre, en cadrant la visibilité du profil à la cohorte qui te connaît déjà.