Comment Annecy a-t-elle absorbé son afflux de néo-arrivants sans changer de visage ? Lentement, et par petites touches. La rue Sainte-Claire reste la même artère commerçante depuis trente ans, le Pâquier ne s'est pas étendu, le marché de la République garde ses habitués. Mais les bars du quartier Bonlieu accueillent désormais une cohorte qui sort le mardi soir parce que personne d'autre ne sort le mardi. SexeFriend lit cette cohorte sans la transformer en cliché parisien expatrié.
Combien de villes de 130 000 habitants ont vu leur population active rajeunir de trois ans en une décennie ? Personne ne pose la question comme ça à Annecy, mais l'effet est partout. La rue Sainte-Claire absorbe une cohorte de jeunes cadres, le Pâquier remplit ses pelouses le mardi soir hors saison, les bars du quartier Bonlieu ouvrent sans annoncer leur fermeture. SexeFriend lit ce bassin tel qu'il bouge, sans le redécorer en cliché de ville moyenne ou de banlieue genevoise.