Dijon a sa scène. Elle ne se montre pas. Les ateliers d'artistes installés entre la rue Auguste-Comte et la rue de la Préfecture depuis 2020 n'organisent pas de vernissages instagrammables. Les bars à vin de la rue Berbisey ouvrent à 18h, ferment à 1h, et ne demandent pas de réservation. Sur SexeFriend, la cohorte dijonnaise écrit court et net. Trois lignes franches, un quartier, une fenêtre de soir. Le reste se règle entre deux personnes, devant un comptoir patiné.
Tu peux sortir de ton bureau côté Toison d'Or vers 18h10, prendre le tram T1 jusqu'à République, descendre à pied la rue de la Liberté jusqu'à la place François-Rude, croiser deux personnes que tu connais sans les avoir prévues, t'arrêter aux Halles pour lire un message reçu pendant le trajet, retrouver quelqu'un rencontré sur SexeFriend la semaine d'avant pour un verre place Émile-Zola, et rentrer par le dernier tram sans avoir eu à justifier ta soirée à qui que ce soit.