Vendredi 19h22. Terrasse haute d'un café de la Place de la République. Trois Mamoudzéens que je ne connaissais pas trois jours plus tôt, et qui avaient tous croisé mon profil SexeFriend sans m'écrire. La conversation s'est calée au comptoir, l'alizé baissait, la lumière passait orangée sur les murs blancs. Personne n'a posé son téléphone pendant deux heures, et le premier verre s'est étiré jusqu'à 21h45 sans qu'on s'en aperçoive.
L'autre samedi à Mtsapéré, un voisin m'a dit qu'il habitait là depuis quinze ans et qu'il n'avait jamais poussé la porte d'un bar du Centre-ville. C'est exactement comme ça que ça commence à Mamoudzou. La ville se vit en quartiers parallèles, chacun avec son propre soir, et la cohorte SexeFriend tient sur le fait qu'on peut habiter à trois kilomètres de quelqu'un et ne jamais le croiser sans l'app.