La Romandie discrète est une légende qui ne tient plus dès le mardi soir. On raconte que les Romands ne sortent pas, qu'ils sont retenus, posés, qu'ils boivent moins fort que les Belges et plus tard que les Français. C'est faux dès qu'on regarde la fréquentation des bars du Flon à Lausanne, des Pâquis à Genève, du quartier de Pérolles à Fribourg ou du centre-ville de Delémont en semaine. Le bassin se voit moins parce qu'il s'expose moins, pas parce qu'il bouge moins. SexeFriend prend acte de cet écart entre la réputation et l'usage.
Lausanne. Genève. Fribourg. Trois manières de poser le rapport au verre du jeudi. À Lausanne, on traîne entre le Flon et Saint-François, on enchaîne trois bars en deux heures, on rentre par le M2. À Genève, on commence à 18h30 et on coupe court : un Lyrique, un Carouge, un dernier verre rapide aux Pâquis, et le tram 12 ramène la cohorte vers son côté du canton. À Fribourg, on descend de la Vieille-Ville vers le quartier de Pérolles, on parle français et allemand dans la même soirée, et personne ne s'en étonne.
En Suisse romande, les bars de quartier ne ferment pas tous à la même heure, et les trains de fin de soirée s'arrêtent quelque part entre minuit et une heure selon le canton. Ça change la géographie des soirées. Tu sais que le dernier IC vers Genève part de Lausanne à minuit douze, que le dernier train de Sion vers Sierre passe à 0h22, que de Delémont vers Bâle ça part plus tôt que tu ne crois. Sur SexeFriend, les conversations s'adaptent : on propose un verre près de sa propre gare, et on assume.