L'hiver à Brigue-Glis n'est pas l'hiver de Verbier. Il dure plus longtemps, il colle aux parois, il tient la ville dans un fond de vallée que le soleil ne touche que quelques heures par jour entre décembre et février. La cohorte SexeFriend du Haut-Valais se concentre alors dans les trois bars du centre, écrit plus tard, accepte plus volontiers un trajet en train jusqu'à Viège ou Naters. Le printemps arrive en avril, par paliers, et l'app respire à nouveau quand les terrasses rouvrent autour du château.
La ville s'est recyclée plus d'une fois, et chaque mutation a laissé sa couche. Stockalper a fait fortune sur le sel et le Simplon au dix-septième siècle, les CFF ont fait de Brigue un nœud ferroviaire au vingtième, le tunnel du Lötschberg a rapproché Berne en 2007, et l'autoroute A9 a terminé sa percée vers Naters dans les années récentes. Le bassin SexeFriend hérite de cette ville en strates, où les profils se mélangent : cheminots posés, employés des stations qui redescendent en plaine, étudiants de la HES-SO de Viège qui sortent ici parce que c'est moins cher.