Avant que le Jura devienne canton en 1979, sortir ici signifiait sortir dans une marge du canton de Berne, avec les codes bernois et les horaires qu'on suivait sans les avoir choisis. Après, le canton a pris ses propres rythmes : les bars de Delémont ne ferment plus à la même heure que ceux de Bienne, les fêtes patronales de l'Ajoie ont retrouvé leur calendrier, et les Franches-Montagnes ont gardé leur tempo équestre. Sur SexeFriend, cette différence se lit dans les profils : les Jurassiens écrivent comme des gens qui n'attendent plus qu'on leur dise quoi faire.
SexeFriend dans le Jura n'est pas un site qui veut t'élargir la zone pour gonfler ton bassin. Ce n'est pas une app qui te montre des profils de Bâle ou de Belfort sous prétexte que la frontière n'est pas loin. C'est une plateforme qui assume que le canton compte septante-trois mille habitants et que la rencontre se fait avec les gens qui sortent vraiment ici : ceux de la vallée de Delémont, ceux de l'Ajoie, ceux des Franches-Montagnes. Le bassin est petit. Il est concret, et il bouge à son rythme propre.
Tu connais beaucoup de cantons qui ont moins de cinquante ans et qui assument cet âge sans complexe ? Bon. Voilà. Le Jura ne se vend pas comme une destination cachée de la Suisse romande. Il ne s'excuse pas non plus de sa taille. Sur SexeFriend, les profils jurassiens écrivent leurs annonces avec la même franchise qu'ils utilisent pour parler du Marché-Concours de Saignelégier ou des chevaux des Franches-Montagnes. La rencontre suit. Vendredi soir, un bar de la Grand-Rue à Porrentruy. Deux profils qui s'étaient lus en début de semaine se reconnaissent au comptoir.