Tu peux descendre du train à la gare de Crissier vers dix-huit heures, traverser le passage qui mène à Rue de la Gare, longer trois vitrines de coiffeurs et de tea-rooms qui n'ont pas changé depuis quinze ans, t'arrêter cinq minutes devant la Place du Centre où deux gamins font du skateboard sur la dalle lisse, croiser une voisine qui sort de la migrolino avec deux sacs, et arriver à la première terrasse du Centre sans avoir eu besoin de regarder le plan une seule fois.
Crissier ne crie pas. Crissier ne se cache pas non plus. Le bassin reste compact. La M1 dessert Renens en sept minutes. Le train Régioexpress rejoint Lausanne en six. Sur SexeFriend, la cohorte crissiérane se mêle naturellement à celle d'Ecublens, de Bussigny et de Renens, parce que les trois communes partagent les mêmes terrasses, le même Centre commercial, et la même habitude d'écrire court. Huitante caractères suffisent. On propose un verre. On voit qui répond avant le tram suivant.