Coin du pont de Zaehringen et de la rue de Lausanne. Tu descends à pied vers la Basse-ville, tu hésites entre couper par l'escalier des Augustins ou prendre le funiculaire qui remonte vers la Neuveville en quatre minutes. Fribourg tient en trois kilomètres utiles : la Vieille-Ville médiévale en bas, Pérolles en haut avec ses immeubles d'après-guerre et son université bilingue, Place Python qui fait le lien comme un sas. Sur SexeFriend, le filtre par quartier devient une vraie information : trois cents mètres séparent deux ambiances qui ne se mélangent pas.
Dix-sept heures trente, sortie de bureau autour de l'avenue de Pérolles. Le quartier d'affaires fribourgeois lâche ses cadres et ses fonctionnaires cantonaux dans les bars de l'avenue, et la cohorte SexeFriend du canton se connecte par vagues entre dix-sept et vingt. C'est la fenêtre où les conversations commencées la veille trouvent une suite, où un verre du jeudi se cale en deux messages, où les profils post-quarante reprennent contact sans avoir à expliquer qu'ils débarquent d'une vie d'avant. Pérolles fait le travail que le centre historique ne ferait pas.