Cédric est cuisinier au Centre, il finit son service vers minuit et ouvre l'app sur le banc devant la gare. Trois semaines après son inscription, il a rencontré une Pétangeoise qui vit deux rues plus loin, sans qu'ils se soient jamais croisés en cinq ans. Le bassin local n'est pas immense, mais il est dense : sur SexeFriend, tu débloques des gens que ton trajet quotidien ne te ferait jamais rencontrer. Cédric et Marie se voient maintenant une fois par semaine, sans étiquette.
Il neige sur Pétange depuis vendredi matin. La Place John F. Kennedy a perdu ses terrasses en deux heures, les bus pour Differdange roulent au ralenti, et le café près de la Rue de la Gare déborde de gens qui n'avaient rien prévu. Les pics d'activité SexeFriend doublent ces jours-là : le froid resserre les cercles, raccourcit les distances, transforme un message envoyé à 21h en rendez-vous improvisé à 22h dans le bar le plus proche de chez l'autre. Janvier à Pétange a ses règles.