Hier au Café Auzon, terrasse du Cours Mirabeau à Pau, fin de saison. Un type m'a dit qu'il faisait Pau-Bayonne deux fois par mois pour la cohorte basque, et que la rencontre qui valait le détour ne se prévoyait jamais au-delà de quarante-huit heures. Et c'est exactement comme ça que ça fonctionne en Nouvelle-Aquitaine. La cohorte régionale écrit court, ne pose pas trois soirées d'avance, accepte la route nationale ou le TGV pour le soir où ça tient debout, et ne s'excuse pas du temps qu'il faut pour arriver à destination.
Coin rue de la Devise et place Fernand-Lafargue, Bordeaux. Tu sors d'un bar du quartier Saint-Pierre, tu hésites entre la place du Parlement et le Cours Victor Hugo. Sur SexeFriend, la cohorte bordelaise tient ce quadrilatère intra-muros, écrit son soir depuis ces quatre rues sans préciser davantage. Limoges resserre la sienne autour de la rue Charles Michels et de la place de la Motte, Poitiers tient la place Charles-de-Gaulle et la rue de la Cathédrale, La Rochelle ne sort presque pas du Vieux-Port et du Cours des Dames. Chaque ville porte son quadrilatère propre, lisible depuis l'app.
À Bordeaux, ce n'est pas tout à fait pareil qu'à Paris. La nuit y est plus longue, plus lente, plus tassée sur trois rues du centre. Un message court d'un mardi vingt-et-une heures depuis le Cours Saint-Pierre vaut mieux qu'un script parisien. À Pau, la cohorte ressemble à un cousinage basco-béarnais, on annonce sa ville avant son humeur. À La Rochelle, on parle du Vieux-Port comme d'une horloge, du Cours des Dames comme d'une ligne de repère. À Limoges et Poitiers, le bassin se traverse à pied en vingt minutes, ce qui simplifie tout le reste.