Boulevard périphérique, sortie Porte de Bagnolet. Tu changes de département en deux feux. Côté Paris, c'est le 20e. Côté Seine-Saint-Denis, c'est Montreuil. La cohorte francilienne traverse cette ligne sans plus y penser, et pourtant elle structure la rencontre depuis cinquante ans. SexeFriend cale ses filtres dessus, intra-muros, petite couronne, grande couronne, communes nommées une à une. Tu lis un profil à Asnières-sur-Seine et tu vois qu'il travaille à Saint-Lazare. Tu lis un profil à Vitry-sur-Seine et tu vois qu'il sort à Bercy.
Vendredi 22h12. Le RER A vient de quitter Châtelet, direction Marne-la-Vallée et Boissy-Saint-Léger en alterné. Sept rames à l'heure, douze mille personnes qui rentrent en banlieue est ou ouest. C'est le créneau précis où la cohorte SexeFriend francilienne ouvre l'app, écrit pour la nuit en cours ou pour la suivante. Le ton change selon le quai, plus posé à Auber, plus alerte côté Vincennes, plus précis quand le train descend vers Boulogne-Billancourt par la ligne C. Le calendrier régional se règle sur les horaires de la RATP.
L'Île-de-France n'est pas un simple agrandissement de Paris. Ce n'est pas non plus une banlieue dortoir qui attend la capitale. C'est une région de douze millions qui pèse à elle seule plus que la moitié des autres régions françaises réunies, avec ses propres axes sociaux, ses propres bars de référence, ses gares qui structurent la sortie aussi nettement que les arrondissements parisiens. SexeFriend reconnaît cette logique, ne réduit pas la couronne à un satellite, traite Versailles, Nanterre, Saint-Denis, Créteil et Montreuil comme des bassins propres, avec leurs heures et leurs ferme bar.