Vue du quai de Versoix un mardi de septembre, dix-huit heures. Quelques dizaines de joggeurs qui descendent vers Bellevue, des poussettes qui remontent vers le Centre, le Regio qui file vers Lausanne en sifflant deux fois. À l'angle du Café de la Place, près du pont sur la rivière, deux profils SexeFriend qui s'étaient écrits trois jours sans se voir partagent un verre et reconnaissent en silence qu'ils habitent la même rue à La Pelotière, deux étages d'écart.
L'hiver à Versoix tient sept mois et il rabat la cohorte dans trois cafés du Centre. La bise descend par le Léman, glisse le long du quai, remonte la rivière jusqu'à La Pelotière. Personne ne sort pour le plaisir entre janvier et mars, et c'est précisément la fenêtre où SexeFriend monte d'un cran dans la commune. Les conversations s'allongent, les rendez-vous se calent plus vite, et le bassin trentenaire trouve son tempo à ce moment-là. Le passage à l'heure d'été le redéploie d'un coup.