Tu connais beaucoup de trentenaires du vallon qui veulent encore expliquer leur statut amoureux à leur tante du Locle ? Bon. C'est précisément la génération qui s'inscrit. Une fille de Fleurier rentrée vivre dans la maison de famille à Boveresse après ses études à Neuchâtel cherche un autre profil aussi local qu'elle, sans être aussi visible. Un kinésithérapeute de Couvet, séparé depuis dix-huit mois, ne se remet pas en jeu sur la place du village. SexeFriend rend cette demande lisible sans la mettre en vitrine.
Dimanche 14 septembre, treize heures vingt-deux, terrasse du restaurant au bord du lac des Taillères. Un couple s'était formé à distance en trois semaines d'échanges sur SexeFriend, premier rendez-vous calé là-haut parce que personne du vallon ne monte aux Taillères un dimanche midi. Ils sont restés trois heures, ont redescendu vers Fleurier par la route des Bayards à la fraîche, ont repris contact le mardi suivant. Cette discrétion-là n'est pas une stratégie d'évitement, c'est simplement la manière dont un premier verre se cale dans une vallée où on connaît tout le monde.