Sion n'est pas une ville étape pour amateurs de Verbier qui descendent acheter du pain à la Migros avant de remonter en station. Ce n'est pas non plus une banlieue de Sierre. C'est le chef-lieu d'un canton de plaine, trente-cinq mille personnes posées entre deux collines, deux châteaux ruinés et une cathédrale, et une cohorte SexeFriend qui n'a pas l'écho lémanique mais une densité propre. Le bassin sédunois se mesure en cercles, pas en mètres carrés. On en sort par le train CFF de 21h17 ou pas.
Le grain du pavé au coin de la Rue du Grand-Pont et de la Rue de Conthey, à hauteur d'une cheville, là où la pluie d'octobre stagne en flaque deux jours après l'averse. Tu poses ton verre sur la table du café qui regarde la flaque, et tu lèves les yeux : la Cathédrale est à quarante mètres, Valère est cinq cents mètres plus haut, et la cohorte sédunoise du jeudi soir occupe huitante pour cent des tables sous les arcades. Tu ne reconnais pas un visage. Pas encore.