Tu connais beaucoup de Genevois qui prennent le tram 14 jusqu'au terminus un mercredi soir, sans rendez-vous prévu ? Bon. Voilà. Onex reste invisible au reste du canton tant qu'on ne descend pas à pied vers la route de Chancy, qu'on ne traverse pas la passerelle au-dessus de la vallée, qu'on ne s'assoit pas dix minutes au Café du Centre un samedi de février. Le bassin onésien SexeFriend se vit en interne : trois quarts des conversations naissent et finissent dans le rayon de la commune.
Samedi 14 février, 11h17, place du Marché. Un type achète un pain au levain, croise une femme à l'étal des pommes, échange trois phrases, repart vers la Cité. Trois heures plus tard, elle lui écrit sur SexeFriend depuis chez elle, à deux blocs. Ils s'étaient reconnus sans se le dire. Ils ne savaient pas qu'ils habitaient à six minutes à pied l'un de l'autre. C'est exactement comme ça que la commune fonctionne : la rencontre commence en physique, se prolonge en messages, et reprend en physique quelques jours plus tard.