Avant le prolongement du tram jusqu'au CERN, Meyrin se vivait surtout en bus ou en voiture, et la frontière française servait de raccourci pour faire ses courses moins cher. Depuis la ligne 18, le bassin a changé d'échelle. Tu peux finir le verre à Cornavin et rentrer chez toi à minuit sans demander un Uber. La cohorte SexeFriend meyrinoise a basculé en même temps : les profils circulent entre le Centre, Vernier et le centre genevois, sans imposer un seul point de ralliement.
Le SexeFriend à Meyrin n'est pas un sous-bassin de Genève qu'on dépanne quand le centre-ville sature. C'est un noyau autonome qui tient son tempo entre le CERN, Cité Meyrin et la frontière. Pas une scène glamour, pas une vitrine cosmopolite à l'usage des missions onusiennes, pas non plus un coin de campagne qu'on visite le dimanche pour souffler. C'est une commune adulte qui assume ses propres horaires et qui se reconnaît à la sortie du tram à 23h.