Vendredi 18 octobre, 22h37, terrasse couverte d'un café de la Place Centrale. Trois personnes qui s'étaient écrit la veille sur SexeFriend posent une bouteille de fendant entre elles. Aucune ne se connaissait il y a vingt-quatre heures. La Foire du Valais bat son plein sur cinq cents mètres, le bruit de la halle remonte jusqu'à la fontaine, et le bassin martignerain ouvre l'app à un rythme qui ne ressemble à aucune autre semaine de l'année.
Hier soir au Bourg, dans une cave voûtée derrière la Vieille-ville. Une fille m'a dit qu'elle quittait Sion pour Martigny dans deux mois, qu'elle s'attendait à un ennui poli et qu'elle découvrait l'inverse. Et c'est exactement comme ça que la cohorte martigneraine fonctionne sur SexeFriend : on sous-estime la densité du bassin parce qu'on confond petite taille et faible activité, puis on ouvre l'app un mardi soir et on voit la moitié de l'Avenue de la Gare en ligne.