Le vent d'est qui pousse l'humidité du lac Saint-Pierre sur Sorel-Tracy en novembre rend les terrasses inutilisables une semaine à l'avance. Les bars du Vieux-Sorel se remplissent avant dix-neuf heures, et les conversations qui auraient duré dix minutes en juillet en durent quarante-cinq. Les profils SexeFriend de cette saison-là ne sont pas pressés. Ils sortent moins loin, écrivent plus complet, acceptent plus facilement un rendez-vous indoor à l'Auberge Royale ou au coin de la rue Augusta. Le climat fait la moitié du travail social.
À Sorel-Tracy, le mardi soir au Carré Royal a son propre rythme. Les habitués du jour arrivent avant dix-neuf heures, ceux du soir vers vingt-et-une, et le couple qui marche son chien à vingt-deux fait le pont entre les deux. Personne n'a écrit ce calendrier, il s'est installé tout seul. SexeFriend s'accroche à cette routine sans la perturber : tu fixes ton verre à l'une des trois fenêtres horaires, et tu sais d'avance qui sera là. Le bassin sorelois récompense ceux qui connaissent le tempo de la semaine.