La province à 22h un vendredi de novembre. Un peu plus de huit millions d'habitants, des fuseaux de soirée qui se chevauchent à peine entre la Côte-Nord et l'Outaouais, des dizaines de sorties qui démarrent au même moment. Au comptoir d'un sous-sol de Sherbrooke, deux personnes qui se sont écrit la veille sur SexeFriend décident si elles restent à la deuxième bière ou si elles changent d'adresse. Tout le reste de la province s'écrit en parallèle, à Granby, à Magog, à Drummondville, à Lévis.
L'hiver au Québec ne fait pas semblant. Il dure cinq mois, organise la vie sociale en circuits courts, force les rencontres dans des intérieurs précis : taproom, lounge, comptoir de resto qui tient jusqu'à minuit. Sur SexeFriend, les profils de novembre à mars sont plus directs, écrivent plus court, proposent un endroit à dix minutes de chez eux. L'été, c'est l'inverse. Huit à dix semaines très denses, terrasses pleines, festivals partout, et un bassin qui circule entre régions sur le moindre long week-end.
Coin rue Saint-Jean et Côte de la Fabrique, Québec, samedi 17h. Tu sors d'une librairie, tu hésites entre le bar à vin du dessous et la microbrasserie deux rues plus loin. À huit cents kilomètres de là, sur la marina de Sept-Îles, un autre choix se pose dans la même tranche horaire. SexeFriend lie ces deux décisions par un même bassin francophone, sans prétendre qu'elles sont identiques. La Capitale-Nationale et la Côte-Nord se sortent autrement, mais s'écrivent dans la même langue de tous les jours.