Pourquoi est-ce qu'on s'inscrit sur SexeFriend depuis une ville de vingt-huit mille personnes ? Bon. La question revient à chaque rencontre où on se demande comment l'autre a fini par cliquer. Le bassin de Boisbriand ne se suffit pas à lui-même, mais combiné à Sainte-Thérèse, Blainville, Rosemère et Lorraine, tous à quinze minutes maximum en char, il devient assez dense pour qu'une fin de semaine donne deux ou trois conversations sérieuses, pas plus, pas moins.
Jeudi 8 novembre, 22h17, comptoir du pub du Faubourg presque vide. Quelqu'un m'avait écrit trois jours avant sur SexeFriend, on s'était dit qu'on prendrait un verre quand le chantier de la 640 se calmerait. Le jeudi 8, c'était calme. Deux bières. Conversation qui a glissé de la job à autre chose en une heure. À 23h30, on a coupé. Personne dans la salle qu'on reconnaissait. À Boisbriand, les rencontres patientes valent souvent mieux que les rencontres pressées.