21h47, un jeudi de février. Le bar de la Rue Sacré-Cœur s'est rempli sans qu'on s'en rende compte. Deux profils SexeFriend ouvrent leur app en même temps, à six tables d'écart, sans le savoir. Dans une petite ville comme Alma, ce genre de coïncidence n'est pas une coïncidence : c'est la mécanique du bassin. Le rayon de recherche se règle à deux ou trois kilomètres, et tout le monde finit par croiser tout le monde, à condition de bouger un peu.
Le crissement de la neige sous les bottes sur le trottoir de l'Avenue du Pont à minuit. Tu te souviens du bruit avant de te souvenir du visage. C'est aussi ça qu'Alma fait à ses soirées : elle laisse une marque sensorielle qui dure plus longtemps que le détail de la conversation. SexeFriend s'inscrit dans cette mémoire-là sans la concurrencer. La plateforme amène la rencontre, mais c'est le froid sec, la buée des bars, le silence du retour à pied qui font le reste du travail.