Jeudi 14 novembre, 19h12, Place Saint-Lambert à Liège. Trois personnes sortent du tram en même temps et descendent la rue Hors-Château. Deux d'entre elles s'étaient écrites le matin sur SexeFriend, sans le savoir explicitement. Elles se sont reconnues à la première bière au comptoir de l'Aquilon. La troisième est partie de son côté, sans drame. Les rencontres en Wallonie se font souvent comme ça : un trajet déjà prévu, un détour minimal, un verre fixé sans une logistique de quinze messages échangés sur trois jours.
Mardi dernier à Namur, au comptoir du Henry. Un type m'a expliqué qu'il avait essayé trois apps avant d'arriver sur SexeFriend, et qu'il avait fini par retenir celle où on écrivait trois lignes plutôt que de scroller à vingt mains. C'est exactement comme ça que la Wallonie fonctionne, partout. À Mons, à La Louvière, à Verviers ou à Wavre, on retrouve les mêmes profils : des adultes qui posent leur intention sans la maquiller, qui préfèrent un verre fixé jeudi à une conversation qui s'éternise sur trois semaines.
Vallée de la Meuse. Plateau du Hainaut. Ardennes lointaines. Trois géographies qui structurent la façon de se déplacer pour une rencontre. Sur la Meuse, on fixe un verre à Namur ou à Dinant en suivant le fleuve. Dans le Hainaut, on passe de Charleroi à Mons en moins de quarante minutes, et le bassin se traite comme une seule zone élargie. En Ardennes, autour de Bastogne ou d'Arlon, les distances sont plus longues mais les rencontres pèsent plus, parce qu'elles supposent un déplacement assumé.